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Lilla-Belle est une artiste


Depuis qu’elle est toute petite, Lila-Belle passe toutes ses journées à dessiner, peindre au lieu de se consacrer à son rôle de princesse. Au grand désespoir de ses parents. Mais qu’en pensera le prince de Jean de Porte-Mine ?
Lilla-Belle

Depuis toute petite, Lilla-Belle dessine, croque, esquisse, badigeonne. Du sol au plafond, des oubliettes à la tour de gué – sans oublier la salle du trône, tout le château de Haut-en-Couleur est barbouillé... Lilla-Belle est une artiste.

Mais aujourd'hui la reine Margot, s'impatiente.
– Stop ! Cela ne peut plus durer. Ma fille, une princesse ne passe pas tout son temps à dessiner !
Elle confie donc sa fille à sa dame de compagnie pour lui apprendre la broderie.
Toute la matinée, Lilla-Belle s'applique, pique et tire les fils de couleurs. Les heures s'écoulent, monotones. Lilla-Belle se morfond, se trémousse sur sa chaise. Quand soudain elle se pique le doigt avec son aiguille. Une goutte de sang tombe et s'étale sur son métier à broder.
– Oh ! Comme c'est joli ! s'exclame Lilla-Belle en la voyant se transformer en une petite rose écarlate.
Aussitôt la princesse se précipite dans sa chambre pour reproduire à l'infini la merveilleuse fleur.
En l'apprenant, la reine Margot se tourne vers le roi et soupire :
– J'abandonne !

Dans la salle du trône, le roi Stanislas fait les cent pas, réfléchit.
– J'ai trouvé, s'écrie-t-il en attrapant la princesse par le bras.
Il l'entraîne précipitamment dans son bureau. Dans un coin reculé et mal éclairé, un vieux bonhomme tout gris est penché sur un gros cahier.
– Voici mon trésorier. Tu seras son assistante.
Tout l'après-midi, Lilla-Belle recopie scrupuleusement les nombres que lui dicte le vieil homme. Mais au bout d'un moment, Lilla-Belle ne fait plus attention à son travail, son esprit vagabonde. Et sans s'en rendre compte, voilà que les chiffres prennent vie sur le cahier. Disparus les colonnes interminables de 1, 2 et autres 9. à la place ils forment des papillons, des petites souris.
Le trésorier n'en croit pas ses yeux et crie à l'imposture. Dans la salle du trône, le roi Stanislas soupire :
– J'abandonne !
Lilla-Belle, toute joyeuse, retourne dans son atelier, où elle dessine, croque, esquisse, badigeonne.

Le soir venu, tout le château est en effervescence. Le roi Stanislas reçoit la famille royale de Porte-Mine, avec laquelle il espère s'allier. Mais Lilla-Belle n'est toujours pas là. La reine Morgane n'est pas contente. Le dîner est sur le point de commencer quand la princesse se décide enfin à montrer le bout de son nez.
Et quel nez ! La reine et le roi n'en croient pas leurs yeux : Lilla-Belle ne s'est même pas débarbouillée. Elle a de la peinture sur le visage, et aussi dans les cheveux. Et sa belle robe de bal est couverte de taches multicolores.
Le roi Stanislas fulmine : Lilla-Belle a dépassé les bornes. Déjà il s'approche de sa fille pour lui dire d'aller se laver et se changer.
– Allons, il n'est pas nécessaire de se mettre en colère, s'interpose le prince de Jean de Porte-Mine. Dites-moi, que faites-vous de vos journées ? demande-t-il à Lilla-Belle.
– Je dessine, je croque, j'esquisse, je badigeonne, répond la princesse en rougissant.
– Quelle charmante activité ! Laissons là toutes ces mondanités. Accepteriez-vous de me montrer vos œuvres ?
Lilla-Belle rougit de plus belle, acquiesce en silence. Et les voilà partis bras dessus bras dessous, sous les regards ébahis de leurs parents respectifs.
– Savez-vous que, de mon côté, je griffonne, je gribouille, j'écris ? dit le prince en montant l'escalier. Je serais enchanté de pouvoir poser mes mots sur vos tableaux…

A n'en point douter, ces deux là étaient faits pour s'entendre !


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