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Blanche et la dragonne

La nuit venue, Blanche se tourna encore et encore dans son lit, avant de parvenir enfin à s’endormir. Son sommeil était agité, peuplé de rêves décousus où il était question de dragons et d’enfants innocents, de terreur et de douleur, de fumée suffocante, de lumière éblouissante et de bruits assourdissants.


Au petit matin, Blanche se réveilla confuse « Qu’est-ce que tout cela signifie ? ». Abattue, la jeune femme se laissa glisser à terre, puis ferma les yeux. Les images de ses rêves et les paroles de la vieille dame s’assemblèrent soudain, promettant enfin une issue qu’elle n’espérait plus.

– Mais oui bien évidemment : les animaux ont peur de l’orage et du feu ! Alors pourquoi pas un dragon ? s’exclama-t-elle euphorique.

– Pour le feu, pas de soucis, il me suffit d’aller couper les chaumes dans le champ de blé !

Et toute la matinée, la jeune femme s’activa sans relâche pour dresser un énorme tas de paille sur la place du village.

– Et maintenant l’orage…

Mais Blanche est très pauvre, aussi dut-elle faire preuve d’imagination. Dans un premier temps, elle pense à une cloche pour imiter le tonnerre ; mais elle abandonna aussitôt l’idée : d’abord elle n’en avait pas et puis de toute façon le son serait trop clair.

Et puis elle avisa le gros chaudron remisé dans un coin de la cuisine.

Ahanant, soufflant, elle traîna avec difficulté ce dernier jusqu’à la place et l’installa à l’envers en équilibre sur deux morceaux de bois.

Tapis dans leurs maisons, les villageois la regardaient faire.

– Elle va tous nous faire tuer ! pestaient les uns.

– Elle ne sait pas ce qu’elle fait, elle est devenue folle ! grognaient les autres.

Mais aucun n’eut le courage de sortir pour lui prêter main-forte.


– Et pour les éclairs ? Comment faire…

Elle réfléchit un long moment et soudain elle eut une idée. Elle se précipita dans sa chambre, ouvrit son coffre à vêtements d’où elle en ressortit un vieux châle. Avec d’infinies précautions, elle le déroula pour en extraire un magnifique miroir en argent, cadeau de sa mère pour son mariage.

– Avec un peu de chance, et les derniers rayons de soleil… marmonna-t-elle en retournant sur la place.


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